À Saint-Sorlin-d’Arves sur le domaine skiable Les Sybelles, une tyrolienne à virages de 987 mètres fend désormais le vallon des Aiguilles d’Arves, tandis que « Les Sentiers des Sybelles », un projet d’attractivité touristique conçu comme un jeu grandeur nature à ciel ouvert, qui ouvrira à l’été 2028, a été dévoilé au début du mois d’octobre.
Dans les Alpes-Maritimes, à Gréolières-les-Neiges, une luge sur rail prolonge l’activité de la station au-delà de l’hiver. Du côté de Val Thorens, un alpine coaster baptisé « La Mine » rejoint les mountain karts et les parcours VTT.
Ces projets, ouverts entre 2025 et l’été 2026, dessinent une offre quatre saisons plus dense. Les remontées mécaniques tournent au-delà de l’hiver et l’économie locale cherche à répartir ses revenus sur l’année.
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Une offre quatre saisons qui se décline en quatre familles de projets
Les investissements hors-ski recensés sur les saisons récentes se laissent regrouper en quatre grandes familles.
D’abord, les attractions outdoor familiales et adrénaline. La SlalomFly de Saint-Sorlin-d’Arves Les Sybelles a été mise en service à l’été 2026. L’office de tourisme la présente comme la plus grande tyrolienne à virages d’Europe, selon la page dédiée de la station de Saint-Sorlin-d’Arves. La Gréo’Luge de Gréolières, luge quatre saisons ouverte en 2025 et 2026, s’étend sur un parcours de l’ordre de 1 à 2,5 kilomètres. À Val Thorens, le dossier de presse estival 2026 détaille un ensemble Mountain Kart, Kart et Trott Xperience et alpine coaster. L’offre est assortie d’un passeport ascensionnel.
Ensuite, les équipements bien-être et après-ski. Alti-Mag recense pour la saison 2026-2027 des ouvertures ou rénovations de centres aquatiques et de spas à Orcières, Valmorel ou Valloire. Le média signale aussi des passerelles pédagogiques à Val Cenis.
Troisième famille : le VTT et les événements sportifs d’été. Les Gets accueillait la Coupe du Monde UCI de VTT du 20 au 23 août, selon la page officielle des Gets.

Enfin, les infrastructures d’accès et de confort. Figurent au programme des rénovations hôtelières à Chamonix et Courchevel, des parkings couverts et navettes à Tignes, des espaces multiservices d’altitude. Ce dernier poste représente, à lui seul, 62 M€ des investissements 2025. Ces chiffres sont recensés par Montagne Leaders et repris par Le Dauphiné.
Modèles économiques : le mix public-privé reste la règle
Les projets hors-ski observés en France reposent le plus souvent sur un montage spécifique. Il mêle opérateur local, collectivités et financements publics ciblés.
Côté exploitation, les communes, les SEM, les SPL et les sociétés de remontées mécaniques portent la quasi-totalité des attractions structurantes. À Gréolières, le Syndicat Mixte SMGA est maître d’ouvrage de la luge quatre saisons. L’information figure dans le dossier d’autorisation déposé en préfecture de région Provence-Alpes-Côte d’Azur, consultable sur le site des services de l’État. À Tignes, la société ALTTA et Tignes Développement structurent désormais une partie des aménagements de mobilité.
Côté financement, les cofinancements publics restent la clef. Les documents administratifs liés à la Gréo’Luge mentionnent des concours de l’État, de la Région, du Département et du syndicat mixte. L’hôtellerie suit une logique différente, dominée par l’investissement privé. Les rénovations récentes de Chamonix ou Courchevel listées par Alti-Mag en témoignent. En arrière-plan, la Banque des Territoires, dans un projet de rapport daté de décembre 2025, évoque un accompagnement technique et financier des projets quatre saisons. Le document est consultable sur son site institutionnel.
La Cour des comptes, dans son rapport public thématique de février 2024 sur les stations de montagne face au changement climatique, recommande un mécanisme de solidarité financière entre collectivités. Elle plaide aussi pour une évaluation plus rigoureuse des aides publiques consacrées à la diversification, selon le texte publié sur Vie publique.
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Retours de terrain : des premiers signaux, peu de bilans consolidés
Les premiers indicateurs disponibles pointent une progression de la fréquentation estivale, à nuancer selon les périmètres.
L’ANMSM, dans un communiqué du 27 août 2026, fait état d’un taux d’occupation estival de 65,8 %, en hausse de 2,5 % par rapport à l’été 2025. L’association évoque aussi le déploiement d’outils d’information estivale comme le « Bulletin vert » lancé en juillet 2026, à retrouver sur la page des communiqués de l’association. Domaines Skiables de France (DSF) a publié sa plaquette Indicateurs et Analyses 2026 le 23 septembre 2026. DSF y met en avant l’effort d’investissement du secteur et sa capacité d’innovation, détaillés sur le site de la fédération.
Comparaison avec la Suisse : un écart de dynamique à relativiser
La trajectoire suisse offre un repère, sans valoir pronostic pour la France.
Selon SI Magazin, le 6 octobre 2026, les premières entrées enregistrées par les remontées mécaniques suisses entre mai et fin septembre 2026 ont progressé de 10 % par rapport à 2025. Elles affichent aussi une hausse de 28 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, d’après les statistiques de Seilbahnen Schweiz. L’écart avec la hausse française de 2,5 % communiquée par l’ANMSM pour le taux d’occupation estival est notable.
Toutefois, les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. En Suisse, le compteur porte sur les entrées par remontée mécanique, donc sur l’usage effectif des installations en été. En France, le taux d’occupation renseigne l’hébergement marchand. Les contextes climatiques régionaux et le positionnement produit diffèrent également. La comparaison vaut donc comme signal, pas comme verdict. Elle suggère néanmoins qu’un investissement estival ciblé et lisible peut déplacer durablement la fréquentation d’un massif.

Conditions de réussite pour consolider l’offre quatre saisons
Les rapports publics convergent sur plusieurs leviers à activer en parallèle des équipements.
En premier lieu, la gouvernance élargie. La Cour des comptes, dans son rapport de février 2024, plaide pour une planification à l’échelle du massif. Elle recommande aussi une meilleure articulation entre communes, intercommunalités et départements. Ensuite, la mobilité d’accès : la desserte ferroviaire, les navettes et les parkings relais conditionnent la transformation d’une attraction en séjour. Enfin, la qualité de l’hébergement et de la restauration, qui prolonge la journée d’activité en nuitée.
Deux lectures qui dessinent le cahier des charges
Les acteurs locaux ne partagent pas tous le même diagnostic. L’ANMSM, Domaines Skiables de France et l’ANEM ont publié un communiqué conjoint du 6 février 2024, relayé par la Banque des Territoires. Ces trois organisations demandent une meilleure prise en compte des efforts d’adaptation déjà engagés par la profession. Deux lectures coexistent donc. D’un côté, un effort d’investissement soutenu, revendiqué par les représentants des stations. De l’autre, un besoin d’évaluation économique renforcé, porté par la Cour des comptes. Ces deux lectures ne s’opposent pas frontalement ; elles définissent plutôt le cahier des charges des prochaines années.
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Repères chiffrés cités dans l’article
- 555 M€ d’investissements engagés sur les domaines skiables français en 2025, selon l’enquête Montagne Leaders reprise par DSF.
- 62 M€ consacrés aux bâtiments multiservices sur ce total 2025.
- +28 % d’entrées par remontée mécanique en Suisse entre mai et fin septembre 2026 vs moyenne 5 ans.
- +2,5 % de taux d’occupation estival en France à l’été 2026, selon l’ANMSM.
L’offre quatre saisons française avance donc par couches successives : équipements outdoor, bien-être, événements, mobilité. Les prochaines étapes se joueront moins sur la multiplication des attractions que sur trois leviers. D’abord la mesure fine des retombées, puis la coordination à l’échelle du massif, enfin la capacité des collectivités à sécuriser leurs modèles économiques.
Écouter Podcabine sur la transformation des stations
Pour prolonger ce dossier, un épisode est disponible avec Laurent Reynaud, délégué général de Domaines Skiables de France. Il revient sur la trajectoire du secteur et ses leviers d’investissement, à retrouver sur la page La montagne française au sommet.
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🎧 Tous les épisodes sont à écouter sur :
FAQ : Offre quatre saisons : les stations françaises élargissent le hors-ski
Qu’appelle-t-on offre quatre saisons dans une station de montagne ?
Il s’agit d’un ensemble d’activités, d’équipements et de services permettant d’accueillir des visiteurs au-delà de la seule saison de ski. On y trouve des attractions outdoor comme tyroliennes et luges sur rail, des bike parks, des spas, des événements sportifs d’été, des hébergements rénovés et la mobilité associée.
Combien les domaines skiables français ont-ils investi en 2025 ?
Selon l’enquête Montagne Leaders reprise par Domaines Skiables de France, 555 M€ d’investissements ont été engagés sur les domaines skiables français en 2025. Sur ce total, 62 M€ sont dédiés aux bâtiments multiservices.
Quels exemples récents illustrent cette diversification ?
La tyrolienne SlalomFly de 987 mètres à Saint-Sorlin-d’Arves a ouvert à l’été 2026. La luge quatre saisons Gréo’Luge à Gréolières-les-Neiges et l’ensemble Mountain Kart, alpine coaster et VTT déployé à Val Thorens pour l’été 2026 figurent aussi parmi les projets récents documentés.
Que disent les chiffres suisses de l’été 2026 ?
D’après SI Magazin, le 6 octobre 2026, les premières entrées sur les remontées mécaniques suisses ont progressé de 10 % par rapport à 2025. Elles affichent aussi une hausse de 28 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années entre mai et fin septembre 2026, selon Seilbahnen Schweiz.
Quelles conditions de réussite ressortent des rapports publics ?
La Cour des comptes, dans son rapport de février 2024, insiste sur la gouvernance de massif et l’évaluation économique des équipements de diversification. Elle plaide aussi pour un mécanisme de solidarité financière entre collectivités. La Banque des Territoires évoque un accompagnement technique et financier des projets quatre saisons.


