Ski électrique : Skwheel peut-il percer en montagne ?

À retenir : Autrans-Méaudre-en-Vercors a acheté cinq paires de skis électriques Skwheel et confié l’activité aux moniteurs de l’ESF cet été. La start-up teste aussi le ski électrique à Chamonix, en Chartreuse et à Samoëns. Son avenir en montagne dépendra de la fréquentation, du cadre réglementaire et de la concurrence des autres loisirs d’été.

Sur le plateau de Gève, au-dessus d’Autrans, cet été, le ski électrique a ainsi fait son entrée dans une station iséroise. La commune d’Autrans-Méaudre-en-Vercors a investi dans cinq paires de Skwheel, des skis montés sur roues et motorisés. Une start-up installée à Honfleur, dans le Calvados, les conçoit.

L’initiative reste modeste. Elle pose pourtant une question commune à la moyenne montagne : une glisse sans neige peut-elle devenir une activité durable ?

Ski électrique : Skwheel peut-il percer en montagne ?

Ski électrique à Autrans : ce que la commune a engagé

La commune a engagé un achat de matériel et un partenariat, pas une infrastructure. Selon L’Essor Isère, la maire, Nathalie Faure, a acquis ces cinq paires « pour tester ». Le partenariat avait pris forme plus tôt dans l’année. Au salon Mountain Planet 2026, à Grenoble, la commune et Skwheel ont en effet signé une lettre d’intention pour ouvrir la première E-Skool de l’Isère.

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L’élue raconte avoir essayé les skis un an plus tôt. Elle dit y avoir retrouvé les sensations du ski, au prix d’un temps d’adaptation. Son argument tient surtout au calendrier. D’après elle, Autrans garde un bon enneigement, mais la saison démarre plus tard et se raccourcit. Le ski électrique s’ajoute donc à la luge d’été, au ski à roues et à l’accrobranche déjà proposés sur la commune.

L’ESF porte l’activité. Deux moniteurs, Paul et Marlène, se sont formés à l’engin. Leurs premiers essais montrent qu’il passe sur les pistes nordiques ou alpines en herbe comme sur le bitume. Ensuite, les élèves les plus à l’aise partent sur les chemins du plateau de Gève. Comme ailleurs, la pratique reste toujours encadrée par un moniteur.

Chamonix, Chartreuse, Samoëns : un réseau encore étroit

Skwheel ne compte qu’une poignée de sites en montagne, chacun avec son propre montage. En Auvergne-Rhône-Alpes, L’Essor Isère en recense quatre : Autrans-Méaudre, Saint-Pierre-de-Chartreuse, Samoëns et Chamonix. Le site de réservation de la marque ajoute Gérardmer, dans les Vosges, ainsi que Paris.

Chamonix : une école privée et une boucle en forêt

À Chamonix, ce n’est pas l’ESF mais l’école Evolution 2 qui propose le Skwheel, depuis l’été 2025. La sortie dure deux heures, en petit groupe, sur une boucle de 12 kilomètres dans le bois du Bouchet. Elle coûte 79 euros, dès 14 ans.

Chartreuse : le pari de La Stass’

En Chartreuse, le premier essai a eu lieu à l’été 2025 à La Stass’, à Saint-Pierre-de-Chartreuse. Le lieu a valeur de symbole. Après cinq ans de fermeture, la partie haute du domaine skiable a rouvert en janvier 2025. Une société locale l’exploite désormais par délégation de la communauté de communes Cœur de Chartreuse. Son projet repose sur une ouverture en toutes saisons : mountainboard, trottinette tout-terrain, tubing ou tyrolienne. Le ski électrique y trouve donc un terrain déjà tourné vers la diversification.

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Samoëns : le modèle E-Skools

À Samoëns, Skwheel a signé le 20 avril 2026 un partenariat de deux ans avec une école de ski locale. Selon Le Journal des Entreprises, le forfait comprend 12 paires du modèle le plus sportif, le service après-vente, une plateforme de réservation et un appui marketing. L’école le règle chaque mois. C’est le cœur du modèle baptisé E-Skools, que la start-up veut étendre à d’autres stations.

Ski électrique : Skwheel peut-il percer en montagne ?

Le modèle économique du ski électrique : miser sur les moniteurs

Skwheel mise désormais sur les professionnels de la montagne autant que sur la vente aux particuliers. Son dossier de presse 2026 revendique plus de 250 produits livrés et six brevets déposés. La gamme compte deux modèles. Le PEAK, à 1 490 euros, est bridé à 25 km/h et présenté comme homologué pour la ville, avec 40 kilomètres d’autonomie annoncés. Le PEAK S, à 1 990 euros, est annoncé jusqu’à 65 km/h et 60 kilomètres, en double traction. La marque le destine notamment aux écoles de pilotage.

Au salon Mountain Planet, le cofondateur Joseph Dahirel a résumé cette stratégie : offrir aux moniteurs une activité d’été clés en main. Pour une école, l’équation paraît simple. Il n’y a ni remontée à faire tourner, ni neige à produire. En revanche, à ce jour, aucun bilan chiffré de la saison n’est public, ni à Autrans, ni ailleurs. Le nombre de séances vendues reste donc l’inconnue principale.

Ski électrique : Skwheel peut-il percer en montagne ?

Les obstacles que le ski électrique devra lever en montagne

Trois obstacles se dessinent : le cadre réglementaire, la concurrence des loisirs d’été et la capacité limitée d’une activité toujours encadrée.

Un engin motorisé dans des espaces protégés

Le premier tient au droit. En effet, l’article L362-1 du Code de l’environnement interdit la circulation des véhicules à moteur en dehors des voies ouvertes à la circulation publique. Par ailleurs, les chartes des parcs naturels régionaux peuvent prévoir leurs propres mesures. Or Autrans-Méaudre se trouve dans le Parc naturel régional du Vercors, et Saint-Pierre-de-Chartreuse dans celui de Chartreuse. Le dossier de presse de la start-up ne dit pas comment ses skis se situent au regard de ce texte. Les parcours dédiés du modèle E-Skools répondent en partie à la question, puisque les séances suivent des itinéraires choisis.

Ce cadre porte aussi l’objection la plus sérieuse. La loi vise en effet la protection des espaces naturels face aux engins à moteur. Pour ses promoteurs, le ski électrique prolonge le geste du skieur, sans neige ni remontée. Sous l’angle de la loi, en revanche, il reste un engin motorisé de plus sur des chemins partagés avec les randonneurs et les vététistes.

Un marché d’été déjà chargé

Le deuxième obstacle est commercial. Le ski électrique arrive sur un créneau déjà occupé. À La Stass’, il côtoie le mountainboard et la trottinette tout-terrain. Chez Evolution 2, il coûte dix euros de plus que la trottinette électrique. Autrans le propose quant à lui à côté de la luge d’été et du ski à roues. Sa différence tient à la sensation promise : retrouver le geste du ski. Selon la marque, aucun niveau de ski n’est requis, et les témoignages publiés par les prestataires vont dans ce sens.

Une activité encadrée, donc limitée

Le troisième obstacle découle d’un choix assumé. Skwheel exclut la location sans moniteur. Ce principe sert la sécurité et fait vivre les écoles. Toutefois, la capacité dépend du nombre de moniteurs disponibles, et Evolution 2 travaille par groupes de deux à quatre personnes. À ce stade, l’activité ressemble donc davantage à un complément qu’à un produit capable de remplir les hébergements.

Infos pratiques : où essayer le ski électrique

  • L’ESF d’Autrans-Méaudre a proposé cet été un cours découverte de 30 minutes à 15 euros, une initiation collective de 1 h 30 à 50 euros et une leçon particulière à 90 euros.
  • Evolution 2 organise à Chamonix des sorties de deux heures dans le bois du Bouchet, à 79 euros.
  • Samoëns passe par l’école de ski partenaire de la marque, et La Stass’ figure parmi les sites de Chartreuse.
  • Toutes les séances sont ouvertes dès 14 ans, avec le matériel fourni selon la marque.

Le ski électrique n’a donc pas encore percé en montagne : il y est à l’essai. Autrans-Méaudre a fait un pari à faible coût, Samoëns a pris un engagement de deux ans, Chamonix et La Stass’ l’intègrent à une offre plus large. Nathalie Faure se dit convaincue que l’activité gagnera d’autres stations. Trois éléments le diront : le bilan de ce premier été, la reconduction ou non de l’expérience et la position des parcs naturels régionaux.

Sources : Skwheel (dossier de presse 2026), E-Skools, ESF Autrans, Evolution 2 Chamonix, article L362-1 du Code de l’environnement. Matière complémentaire : L’Essor Isère, Le Journal des Entreprises, Ecomnews et ICI.

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FAQ : ski électrique : Skwheel peut-il percer en montagne ?

Qu’est-ce que le ski électrique Skwheel ?

Ce sont des skis montés sur roues et motorisés, pilotés par une molette tenue en main. Ils reproduisent le virage du ski sur herbe, chemin ou bitume.

Où faire du ski électrique dans les Alpes ?

Quatre sites le proposent en Auvergne-Rhône-Alpes : Autrans-Méaudre-en-Vercors avec l’ESF, Chamonix avec Evolution 2, Samoëns avec une école partenaire et La Stass’, à Saint-Pierre-de-Chartreuse.

Combien coûte une séance de ski électrique ?

Cet été à Autrans, il fallait compter 15 euros les 30 minutes, 50 euros l’initiation collective de 1 h 30 et 90 euros la leçon particulière. À Chamonix, la sortie de deux heures coûte 79 euros.

Faut-il savoir skier pour faire du ski électrique ?

Non. Selon la marque, aucun niveau de ski n’est requis. L’activité est ouverte dès 14 ans et toujours encadrée par un moniteur.

Peut-on rouler librement en ski électrique sur les chemins de montagne ?

Non. Les séances se déroulent avec un moniteur, sur des parcours choisis. Par ailleurs, le Code de l’environnement encadre strictement les engins à moteur en espace naturel.

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